La réponse courte d’emblée : en Suisse, il n’existe aujourd’hui encore aucun droit légal à sa propre borne de recharge, contrairement à l’Allemagne. Ce que cela signifie concrètement pour toi.
Selon l’art. 260a CO, le locataire ne peut apporter aucune modification à la chose louée sans l’accord écrit du bailleur, ce qui vaut aussi pour une wallbox sur la place de parc ou dans le garage loués. Le bailleur peut refuser cet accord sans le motiver, il n’existe aucun droit légal à l’obtenir. C’est une différence importante avec l’Allemagne, où les locataires ont droit à un accord légal depuis fin 2021, cette réglementation n’existe pas en Suisse.
En pratique, il existe deux modèles courants :
Nous ne connaissons aucune décision de justice pertinente sur un litige du type « locataire contre bailleur à cause d’une wallbox refusée », la question n’a apparemment pas encore été tranchée par la plus haute instance judiciaire.
En propriété par étages, il n’existe pas de loi spécifique pour les bornes de recharge. Par l’art. 712g CC, ce sont les règles générales de la copropriété (art. 647c à 647e CC) qui s’appliquent, et qui distinguent trois catégories :
Le hic : la question de savoir si une borne de recharge est « utile » ou « somptuaire » n’est pas tranchée de façon uniforme dans la doctrine, c’est une véritable zone grise. Il existe une exception lorsque la place de parc relève du droit exclusif d’usage d’une seule personne et qu’un compteur électrique séparé est possible : cette personne peut alors installer la borne sans l’accord de la communauté. En revanche, si l’installation touche des parties communes (p. ex. le tableau de distribution principal), une décision de l’assemblée des propriétaires est nécessaire.
Une décision du Tribunal cantonal de Saint-Gall (BE.2021.21, 15.12.2021) montre combien il est risqué d’agir de son propre chef : une propriétaire par étages avait installé sans accord une connexion de recharge dans le garage souterrain, où des gaines vides étaient déjà posées. Le tribunal a jugé que c’est une mesure de construction qui nécessite une majorité, et que la simple présence de gaines vides ne vaut pas approbation tacite. L’assemblée ayant auparavant rejeté la demande par 3 voix contre 2, l’installation a dû être démontée.
En juin 2025, le Conseil des États a confirmé la motion 23.3936, qui demande que l’accès à l’infrastructure de recharge privée soit inscrit dans la loi, pour les locataires comme pour les propriétaires par étages. En réaction, le Conseil fédéral a mis en consultation en juin 2026 une modification correspondante de la loi sur l’énergie (délai jusqu’au 12 octobre 2026). Cela signifie qu’un processus politique est en cours, mais qu’à ce jour (état de cet article), ce n’est pas encore du droit en vigueur. Tant qu’une modification de la loi n’est pas réellement entrée en vigueur, l’exigence d’accord décrite ci-dessus continue de s’appliquer.
Cet article n’est pas un conseil juridique et ne remplace pas l’examen d’un cas particulier. Pour une évaluation contraignante de ta situation, il est recommandé de consulter un spécialiste ou l’association compétente, pour les locataires l’Association suisse des locataires (ASLOCA), pour les bailleurs et les propriétaires l’Association suisse des propriétaires immobiliers (HEV Suisse) ou la gérance compétente.
État : septembre 2026. La réforme législative sur l’accès à l’infrastructure de recharge est une procédure en cours, nous mettrons cet article à jour dès que quelque chose change.